Publi le vendredi 18 avril 2008

TQS, mon grain de sel

18 04 2008

Jean-Luc Mongrain a annoncé son départ de TQS.  Il était le symbole de la dernière tentative des anciens propriétaires du réseau pour attirer les auditoires et le rentabiliser. Ce fut un échec, un autre.

Il faut se demander si le Québec peut nourrir 3 réseaux généralistes avec ses 6 millions de francophones.  Trois réseaux généralistes c'est ce qu'on trouve dans plusieurs pays avec des populations beaucoup plus importantes. Les États-Unis comptent aussi 3 réseaux avec 42 fois notre population, la France, 3 réseaux, 10 fois la population, et le reste de Canada, 3 réseaux, 3 fois la population. 

La France avec ses 60 millions d'habitants n'est pas capable de faire vivre deux réseaux privés de télévision. En 1982, deux des hommes d'affaires les plus riches et puissants d'Europe, Sylvio Berlusconi et Robert Hersant, ont créé La Cinq ( curieux, le même numéro que TQS ). Ils ont débauché quelques vedettes des autres réseaux et créé des émissions qui se démarquaient de ce qu'on voyait ailleurs exactement comme TQS à ses débuts.  La chaîne ne sera jamais rentable.  Après une vente au groupe Hachette en 1990 qui s'y casse les dents, elle ferme en 1992.

On peut déjà prévoir que le première saison des nouveaux propriétaires sera désastreuse.  C'est à ce moment-ci de l'année, généralement en mai, que les réseaux présentent leur grille d'automne aux agences de publicité.  Comme la grille de TQS n'existe pas encore, elle ne pourra pas être incluse dans la planification des annonceurs, pas d'annonceurs, pas de revenus.  TQS aura grand besoin des producteurs indépendants pour remplir sa grille.  Elle doit de l'argent à plusieurs d'entre eux.  Je ne doute pas que leurs tirroirs soient remplis de bons projets, mais seront-ils intéressés à faire affaire avec une entreprise qui ne les a pas payés? Même si la réponse est positive, il sera difficile de mettre en onde à la dernière minute des concepts non testés avec les vedettes de deuxième ordre qui seront encore disponibles.

Finalement, si TQS fermait, cela libérerait des dizaines de millions de revenus publicitaires qui pourraient permettre à TVA par exemple de réinvestir dans des séries lourdes comme Fortier qu'elle a abondonnées parce qu:elles coûtent trop cher par rapport aux revenus générés.

Supposons que TQS disparaisse, allez-vous vous ennuyer?





1 Commentaire :

Commentaire crit le samedi 19 avril 2008 à 10:35:25 (lien)
Fred
Pour ma part, je n'écoute jamais TQS. Je trouve que c'est un réseau sans intérêt. J'écoute plutôt les bonnes séries de TVA ainsi que les chaînes spécialisées, qui offrent des émissions bien intéressantes, que je peux attraper à la volée lorsque j'ai le temps. Je ne m'ennuierait pas de TQS mais j'ai quand même un doute que sa disparition entraînerait l'augmentation des grandes séries coûteuses à TVA. C'est comme le Canadien de Montréal ça. Pourquoi en faire plus si c'est déjà plein ?


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